Du jeudi 8 au dimanche 11 octobre, la Philharmonie de Paris (Grande Salle Pierre Boulez) offre un petit arc vocal à l’échelle symphonique. Trois rendez-vous suffisent à en suivre les mutations : le chant circule d’abord entre deux solistes et l’Orchestre de Paris chez Mahler ; il devient mémoire collective avec le New York Philharmonic, Gustavo Dudamel et les chœurs catalans ; il occupe enfin toute la scène dramatique dans le Requiem de Verdi. Ce fil donne une manière concrète d’aborder un week-end très fourni : écouter comment l’orchestre cadre, prolonge ou électrise les voix.[1][2][3]

Le parcours se concentre sur trois soirs, sans chercher à les fondre dans une même esthétique. Esa-Pekka Salonen met en regard un concerto de Mozart et Le Chant de la Terre ; Gustavo Dudamel assemble une création française, John Adams et Prokofiev ; Jérémie Rhorer dirige Verdi avec Le Cercle de l’Harmonie et le Chœur Orfeón Donostiarra. L’intérêt tient à cette progression de formats : deux voix solistes, plusieurs chœurs, puis un quatuor vocal porté par une grande partition liturgique devenue théâtre sonore.[1][2][3]

Jeudi 8 octobre : Mahler à hauteur de voix

Jeudi 8 octobre à 20 heures, l’Orchestre de Paris retrouve Esa-Pekka Salonen pour un programme dont la seconde partie appelle une écoute attentive du texte autant que des timbres. Après le Concerto pour violon n° 4 de Mozart, avec Iris Scialom, viennent les six lieder du Chant de la Terre de Gustav Mahler, écrits pour orchestre, mezzo-soprano et ténor. Karen Cargill et Andrew Staples portent ces chants issus de poèmes chinois anciens, dans une œuvre où l’ivresse, la solitude, la nature et l’adieu organisent une succession de climats très contrastés.[1]

C’est le concert le plus resserré des trois : deux chanteurs traversent une masse orchestrale qui garde pourtant une fonction de récit. Le dernier lied, « L’Adieu », étire le temps et donne au programme sa pente grave. Pour qui vient autant entendre l’architecture de Mahler que la précision des voix dans une grande salle, cette étape ouvre le week-end par une forme de musique de chambre agrandie.[1]

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Samedi 10 octobre : chœurs, mémoire et création française

Samedi 10 octobre à 20 heures, le New York Philharmonic arrive avec Gustavo Dudamel et un programme construit par strates. Zosha Di Castri y donne Invisible House en création française, avant On the Transmigration of Souls de John Adams et la Symphonie n° 5 de Prokofiev. L’Orfeó Català, son chœur de jeunes filles et des chanteurs du chœur d’enfants rejoignent l’orchestre pour la pièce d’Adams, pensée en hommage aux disparus du 11-Septembre.[2][4]

La création de Di Castri est le point de bascule de la soirée. Commandée par les philharmoniques de New York et de Los Angeles, Invisible House a reçu sa création mondiale à New York en septembre 2026 ; Paris en accueille la première française dans le cadre de la tournée européenne de l’orchestre. Puis Adams fait entrer les voix comme présence collective, avant que Prokofiev ne replace l’orchestre seul au centre. Le programme conserve ainsi une ligne claire : de l’écriture contemporaine à la mémoire chorale, puis à la symphonie.[2][4]

Dimanche 11 octobre : Verdi en pleine lumière

Dimanche 11 octobre à 16 heures, Le Cercle de l’Harmonie, le Chœur Orfeón Donostiarra et Jérémie Rhorer concluent ce trajet avec le Requiem de Giuseppe Verdi. Eleanor Lyons, Agnieszka Rehlis, Andrei Danilov et William Thomas composent le quatuor soliste. La partition alterne les grandes poussées du Dies irae, les séquences plus recueillies de l’Agnus Dei et les reliefs polyphoniques du Sanctus : une écriture qui fait passer le chœur de la masse sonore à une parole très découpée.[3]

Ce dernier rendez-vous condense les enjeux des deux précédents en une heure trente environ : voix solistes, chœur et orchestre s’y répondent dans un cadre liturgique traversé par le geste de l’opéra. Après les lieder mahlériens et le programme américain du samedi, Verdi ferme la boucle par un théâtre sans décor, où chaque changement d’échelle vient de la circulation entre le collectif et l’individu.[3]

Repères pratiques pour le week-end

Les trois concerts ont lieu à la Grande salle Pierre Boulez de la Philharmonie de Paris, au 221 avenue Jean-Jaurès, dans le 19e arrondissement ; l’accès indiqué est Porte de Pantin, par la ligne 5 du métro ou le tramway 3b. Jeudi 8 octobre, rendez-vous à 20 heures ; samedi 10 octobre, à 20 heures ; dimanche 11 octobre, à 16 heures. Vérifiez les horaires, disponibilités, conditions d’accès et éventuelles modifications sur les pages officielles avant de vous déplacer.[1][2][3]

Sources

  1. Orchestre de Paris / Esa-Pekka Salonen — Philharmonie de Paris
  2. New York Philharmonic / Gustavo Dudamel (2) — Philharmonie de Paris
  3. Giuseppe Verdi / Requiem — Philharmonie de Paris
  4. Événements de Zosha Di Castri — Zosha Di Castri