Pour le week-end du jeudi 1er au dimanche 4 octobre, le cycle Aux Armes, Contemporains ! dessine à La Scala Paris une petite traversée du piano actuel, concentrée sur le vendredi 2 et le samedi 3 octobre. Trois récitals s’y succèdent, avec trois rapports très distincts au répertoire : Kim Bernard ouvre un espace d’improvisation autour de Ravel, Debussy et Rachmaninov ; Jodyline Gallavardin assemble un programme de pièces choisies ; John Gade aborde la Sonate D.960 de Schubert dans son intégralité. L’intérêt du parcours tient à cette proximité des formats, qui rend sensible la façon dont un même instrument change de perspective d’une salle à l’autre, d’un soir à l’autre.[1][2][3]

La Scala Paris accueille le premier et le troisième rendez-vous en Grande salle, tandis que le deuxième se tient à La Piccola Scala. Cette circulation entre les deux espaces accompagne bien le fil du week-end : une écoute ouverte et mouvante le vendredi à 19 heures, un récital plus resserré à 21 h 15, puis le temps long d’une sonate le samedi à 19 heures. Les trois concerts sont annoncés pour une durée d’une heure, ce qui permet d’en choisir un seul ou de composer son propre itinéraire à travers le cycle.[1][2][3]

Kim Bernard : Ravel, Debussy et l’improvisation comme courant

Vendredi 2 octobre à 19 heures, Kim Bernard présente Reflets dans l’eau. Le programme pose des jalons très identifiables : Gaspard de la nuit et Une barque sur l’océan de Ravel, le premier livre des Images de Debussy, puis une sélection de préludes de Rachmaninov. La soirée réserve aussi une place aux improvisations. La présentation de La Scala Paris formule ainsi une idée claire : faire entrer l’improvisation dans le voisinage de ces écritures de timbres, de mouvements liquides et de plans sonores. C’est donc un récital dont le cadre est précis, mais dont une part reste livrée à l’instant.[1]

Ce premier concert donne une bonne porte d’entrée au cycle. Les œuvres annoncées portent déjà, dans leurs titres comme dans leur matière pianistique, une attention aux couleurs et aux résonances ; l’improvisation vient prolonger ce terrain sans effacer les repères du programme. Pour qui cherche une soirée de piano qui conserve la densité du répertoire tout en laissant une marge de circulation à l’interprète, ce rendez-vous de Grande salle fixe le point de départ le plus mobile des trois.[1]

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Jodyline Gallavardin : un jardin de pièces et de timbres

À 21 h 15, Jodyline Gallavardin prend le relais dans La Piccola Scala avec Jardins secrets. Son récital rassemble la Suite bergamasque de Debussy, une sélection d’Arthur Lourié, ainsi que Music for a summer evening et Cuckoo’s Voice de Pēteris Vasks. La Scala Paris présente cette soirée comme un florilège lié à son répertoire discographique, où s’entrecroisent nature, virtuosité et imaginaire. Le changement de salle a son importance : après l’amplitude du programme de Kim Bernard, la Piccola Scala propose un cadre adapté à une écoute de détails, de transitions et de couleurs.[2]

Le concert s’inscrit aussi dans un moment de travail concret : Jodyline Gallavardin annonce une résidence d’enregistrement avec Scala Music les 18 et 19 septembre, puis son récital à la Scala Paris le 2 octobre. Sa biographie met en avant une pratique des programmes associant grand répertoire et œuvres moins fréquentes, ainsi qu’une attention aux timbres. Jardins secrets permet ainsi d’entendre cette ligne de près, à travers un choix de partitions qui fait voisiner Debussy, Lourié et Vasks sans les réduire à une même esthétique.[2][4]

John Gade : tenir la durée de Schubert

Samedi 3 octobre à 19 heures, John Gade revient en Grande salle pour Schubert D.960. Le récital est centré sur la Sonate pour piano en si bémol majeur D.960, présentée par La Scala Paris à l’occasion de la parution de son deuxième disque chez Scala Music. L’enregistrement a été réalisé au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris, d’une seule traite et sans montage, selon la présentation du lieu. Après la diversité des pièces du vendredi, ce troisième rendez-vous propose un seul grand geste musical : suivre une sonate dans sa continuité, avec son temps propre et ses changements d’horizon.[3]

En pratique, le cycle se tient à La Scala Paris, vendredi 2 octobre à 19 heures puis à 21 h 15, et samedi 3 octobre à 19 heures. Kim Bernard joue en Grande salle ; Jodyline Gallavardin se produit à La Piccola Scala ; John Gade retrouve la Grande salle. Les horaires, salles, tarifs et conditions d’accès peuvent évoluer : vérifiez les informations de dernière minute sur les pages officielles de La Scala Paris avant de vous déplacer.[1][2][3]

Dans la même sélection

Sources

  1. Aux Armes, Contemporains ! #1 Reflets dans l’eau — La Scala Paris
  2. Aux Armes, Contemporains ! #2 Jardins secrets — La Scala Paris
  3. Aux Armes, Contemporains ! #3 Schubert D.960 — La Scala Paris
  4. Concerts — Jodyline Gallavardin